Les Abattoirs, lieu culturel emblématique de la ville de Toulouse, ont pour territoire les anciens abattoirs de la ville, dans le quartier Saint-Cyprien. La transformation d’un site industriel à un musée s’est faite par l’intermédiaire d’un grand chantier dont le premier coup de pioche s’est donné en 1997. L’inauguration s’est déroulée le 24 juin 2000.

Aujourd’hui, les toulousains profitent d’un complexe qui regroupe des expositions éphémères extérieures, des salles de conférences, un grand jardin ou même parfois l’accueil des festivals de musiques électroniques, en plus d’une collection permanente et d’expositions temporaires.

Du 15 mars au 25 août, le musée retrace l’histoire de l’Art espagnol à partir des années 1935 : Picasso et l’exil. Menée par Picasso et ses consorts, l’exposition explore les conséquences de l’exil sur ces artistes, éloignés de leur pays et n’ayant pour armes que leurs pinceaux et leurs paroles. A travers leurs œuvres, ils racontent l’histoire de ceux qui ont souffert, de ceux qui ont tout perdu, et de ceux qui ont lutté.

A partir de 1936, l’Espagne subit des conflits politiques et sociaux, et les illusions disparaissent au profit du mécontentement et de la colère. Le peuple se divise entre les nationalistes menés par Franco et l’église, et les Républicains qui comptent les principaux mouvements de gauche.

En 1939, après 3 ans de guerre civile, plus de 500 000 espagnols traversent la frontière des Pyrénées dans des conditions terribles pour transiter dans des camps de réfugiés. La vie y est effrayante, l’hygiène absente, les décès fréquents. A la prise de Barcelone par les Franquistes, l’exode explose. Cette période de Retirada marque la fin de la Seconde République, la victoire du Général dictateur Franco, et le début de la guérilla anti-franquiste.

En plus de proposer des œuvres rares et originales, l’exposition interroge notre vision de l’autre, l’accueil de l’inconnu, la place que nous devons donner à ceux qui sont décimés par la guerre. Entre résistance culturelle et humanisme, c’est l’exil sans cadre spatio-temporel qui est sublimé.