Le bâtiment colossal de la Fondation Louis Vuitton vous fait voyager dans l’Autriche du XXème siècle jusqu’au New York des années 80. Choc et rupture sont le thème commun à ses deux expositions.

Egon Schiele

« La peinture n’est pas un plaisir, mais une nécessité »

L’espace LVMH nous invite dans la vie tourmentée d’un peintre, poète et dessinateur Autrichien, Egon Schiele. Bien que brillant, il ne se sent pas à sa place à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne et décide de fonder la Neukunstgruppe, un groupe pour « le Nouvel Art ». C’est le début de son émancipation par l’expressionnisme.

Schiele découvre la Session Viennoise aux côtés de Gustave Klimt, rare peintre à accepter la modernité décalée de ses œuvres. En effet, ses contemporains voient en lui une œuvre dérangeante, voir obscène.

C’est pourquoi il sera longtemps mis à l’écart, et c’est le collectionneur Rudolphe Leopold qui fera ressortir son talent à partir de 1950.

Observateur implacable, on note chez Egon Schiele une passion pour le corps humain à travers des dessins et peintures franches et épurées. Les corps sont semblables à des marionnettes désarticulées, aux traits marqués et dynamiques.

Energie et violence, un ton de revendication que l’on retrouve chez Basquiat.

Jean-Michel Basquiat

« Belive it or not, I can actually draw »

La fondation LVMH consacre les quatre étages de sa galerie pour la mise en scène de la plus grande exposition d’œuvres de Jean-Michel Basquiat depuis 25 ans.

Jean-Michel Basquiat, né en 1960 à Brooklyn, décide rapidement d’abandonner ses études pour s’adonner au graffiti. Attiré par le milieu underground de New-York, il prend le pseudonyme de SAMO© pour forger son identité artistique. Les murs de Manhattan se couvrent alors de messages poétiques et politiques.

De par son assurance et son audace, le militantisme de Basquiat mélangé au pop art fait rentrer le street art au rang des Beaux-Arts. Son but, qui est de combler l’absence des artistes noirs dans les musées américains, devient une véritable quête identitaire. Son œuvre néo-expressionniste, sombre et angoissée fait vivre, encore trente ans plus tard, le marché de l’art contemporain.