C’est à La Monnaie de Paris qu’est organisé, depuis le 19 octobre, la première rétrospective de l’artiste britannique Grayson Perry.

Lauréat du Turner Prize en 2003, l’artiste se fait connaître avec ses œuvres en céramique, matériau peu considéré par le monde de l’art contemporain.

Ses créations plus étonnantes les unes que les autres reflètent des réflexions ironiques et grinçantes sur le genre, l’identité, la classe sociale, la sexualité et la religion.

Passant de la céramique au métal, de la tapisserie à l’exercice de la gravure c’est plein d’humour (anglais) et d’autodérision qu’il aborde ces thèmes des plus sérieux.

Pourtant ce certain cynisme peut cacher d’autres émotions….

« Je ne voudrais pas trop vous expliquer mes œuvres, dit Grayson Perry, parce qu’il y a une profonde poésie en chacune d’elles. Mon cynisme et mes plaisanteries ne sont qu’un moyen de me protéger des profondes émotions que j’éprouve quand je les produis. »

Il est important de souligner que l’artiste joue avec sa propre identité, qui devient alors une partie intégrante de ses œuvres, allant même au-delà des limites que l’art semble fixer en temps normal.

L’être et le paraître

 « …L’identité est créée aussi par les autres : si je dis que je suis un artiste et que personne n’est d’accord, je ne suis pas un artiste. » 

Identité et masculinité sont des sujets importants pour l’artiste.

Il parle de la masculinité stéréotypée, faite de force physique, de guerres et de chasse.

Mais également d’une nouvelle masculinité plus tendre, prenant en compte sa féminité.

Il met en avant le droit à l’homme d’être faible, de ne pas savoir. De pleurer.

De ces thèmes des vases sont créés.

Son nounours d’enfance, Alan Measles, est devenu un symbole de la masculinité.

Dans une enfance perturbée, Alan a servi de substitut de père, d’égérie de son monde imaginaire et d’objet sur lequel Grayson projetait ses émotions.

L’artiste anglais est doté d’un certain don pour partager et communiquer ses opinions sur la vie sociale à travers une pluralité d’œuvres. Vase, tapisserie, sculpture en bronze.

Cette exposition se déployant sur deux étages expriment à travers 10 chapitres thématiques les différents sujets d’intérêt de l’artiste.

Cet artiste théoricien d’une nouvelle place et définition de l’homme nous fait ouvrir les yeux sur un problème encore bien ancré dans le temps.